Pourtant, suite à des complications, il était contraint d'abandonner cet amour, pour se rendre en France, publier son dernier livre, sur les vampires, mais, un problème était survenu lors de son voyage.
En effet, dans le fiacre qui devait l'emmener vers Paris, une petite fille s'était blessée au bras. Soucieux de sa santé, le jeune homme avait voulu l'aider. Malheureusement pour lui, le bras de cette petite fille était en sang.
Aussitôt, Shiguré sentit un grand malaise l'envahir. Quelque part, au fond de lui, une petite voix lui ordonnait de mordre la chair fraîche de cette enfant et de boire son jeune sang, sans y laisser la moindre goutte.
Donc, pour ne pas avoir à céder à la tentation, Shiguré avait sauté du fiacre et s'était enfui en direction de la forêt, courrant à perdre haleine, comme s'il avait le Diable aux trousse, ce qui était vrai, dans un sens, sauf que, dans ce cas là, le Diable était sa folie elle-même.
Courrant toujours à perdre haleine, Shiguré se refusait d'arrêter sa course. Il ne savait que trop bien que s'il s'arrêtait il était un homme mort et il ne voulait surtout pas mourir avant d'avoir revu Christopher.
Christopher Walken....un homme certes mais pour Shiguré, il était bien plus que cela. Il était la personne qui l'avait transformé en vampire par amour....il était la personne dont son c½ur s'était épris et qu'il avait dû quitter.
Pourtant, en cet instant, Shiguré se maudissait. Pourquoi donc l'avait il quitté ? A présent, il était entrain d'errer dans la forêt, sans but, sans direction. Etait il perdu ? Lui-même n'avait pas la réponse à cette question.
Même si ses jambes le faisaient souffrir, il continuait de courir. Même si le souffle lui manquait, il refusait de s'arrêter. Cela faisait deux jours et deux nuits qu'il ne se nourrissait pas, qu'il ne se reposait pas et qu'il courait.
Soudain, la fatigue eut raison de lui et il s'écroula sur le sol, en grognant :
-Allez relève toi ! N'abandonne pas ! Pas maintenant !....
Pourtant, malgré sa motivation, son corps refusait de lui obéir. Il resta donc allongé, essayant de reprendre son souffle. Il roula difficilement et se mit sur le dos, le regard fixé, sur la lune.
Shiguré adressa un sourire à l'astre qui éclairait toute la forêt. Il serra contre son c½ur une photo que lui avait donné Christopher :
-Voici pour vous si jamais votre mémoire vous fait défaut
Cette phrase le fit sourire encore plus. Il se mit même à rire, malgré sa respiration, encore saccadée. Comment pouvait il oublier le visage de la personne qu'il aimait plus que tout, plus que sa vie même ? C'était tout bonnement impossible et impensable....Il ne le pouvait pas.
Soudain, brisant le silence de la nuit, des hurlements se firent entendre et une meute de cinq loups arriva dans la direction de Shiguré. Le jeune homme se mit à grogner encore plus et tenta de se redresser.
Mais, son corps refusait encore et toujours de lui obéir. Il resta donc allongé sur le sol en se demandant :
-Ma fin approcherait elle ?
Il ferma alors les yeux un instant, tandis que la meute de loups continuait à avancer. Puis, il rouvrit les yeux et les regarda, d'un air déterminé. Non ! Il n'allait pas mourir ! Pas de cette manière !
Donc, faisant un effort, qui lui parut surhumain, il se redressa et montra vaillamment les crocs, en espérant dissuader ces animaux, qui avaient l'air affamés :
-Oust ! Je ne fais que passer et ne suis pas votre repas ! De toute manière vous ne me trouverez pas à votre goût alors inutile d'insister !
Cette méthode sembla fonctionner. Après quelques instants de vaines intimidations, les loups reculèrent et se retirèrent, disparaissant ensuite, dans la nuit noire. Shiguré soupira et se rallongea, plongeant son regard dans la nuit, fixant la lune et les étoiles en essayant de reprendre son souffle.
Puis, comme pour se donner du courage, il murmura, en direction de la lune :
-Attendez moi mon aimé. N'ayez crainte et gardez espoir. Je vous reviendrais très bientôt, je vous en fais la promesse.
Ensuite, pour la première fois depuis longtemps, il accorda à ses paupières le droit de se fermer et accorda la victoire au sommeil. Il ferma donc les yeux et, emporté par la fatigue, il s'endormit dans la forêt.